Le ministère de la Justice ouvre une nouvelle étape dans la modernisation du service public en lançant “Mon Assistant Justice”, son premier outil interne d’intelligence artificielle générative, destiné à accompagner les agents dans leurs tâches de rédaction, de synthèse, de traduction et d’idéation.
Portée par Gérald Darmanin, garde des Sceaux, cette initiative poursuit un objectif clair : faire gagner du temps aux agents sur les tâches administratives tout en garantissant un cadre sécurisé, souverain et éthique pour l’usage de l’IA.
Un déploiement massif après une expérimentation à grande échelle
Plusieurs milliers d’agents ont désormais accès à Mon Assistant Justice, déclinaison ministérielle de l’Assistant IA interministériel. Ce déploiement intervient après une phase d’expérimentation menée avec 2 500 agents, en lien avec la DINUM. Les retours ont été unanimes : l’IA générative apporte une valeur opérationnelle immédiate dans la préparation de notes, la rédaction de courriers, la synthèse de documents ou la préparation d’entretiens.
Dans un contexte où l’IA transforme déjà administrations et entreprises, le ministère entend prendre pleinement sa place dans cette révolution, sans renoncer aux exigences propres à l’institution judiciaire : protection des données, souveraineté numérique, maîtrise humaine des décisions.
Un outil souverain pour protéger les données sensibles de la Justice
Hébergé en France, Mon Assistant Justice répond à un impératif central : permettre aux agents de manipuler des données sensibles sans recourir à des outils grand public, susceptibles d’exposer l’État à des risques de fuite ou d’ingérence.
L’outil est accessible à tous les métiers, quel que soit le niveau de familiarité avec l’IA. Son déploiement se poursuivra progressivement dans les prochains mois.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de mutualisation interministérielle, afin de capitaliser sur les bonnes pratiques et d’éviter la duplication des efforts. Mon Assistant Justice constitue ainsi une adaptation sectorielle de l’assistant IA développé par la DINUM.
L’IA, priorité stratégique du ministère depuis 2024
Depuis 2024, le ministère a engagé une stratégie ambitieuse pour structurer et sécuriser l’usage de l’IA dans les métiers judiciaires et administratifs. Cette dynamique s’est accélérée en décembre 2025 avec la création de la Direction de programme IA (DPIA), rattachée au secrétariat général.
Des outils spécialisés pour les métiers judiciaires
Au‑delà de « Mon Assistant Justice », pensé comme un outil généraliste pour l’ensemble des agents, le ministère avance aussi sur des solutions d’IA taillées sur mesure pour les métiers judiciaires. Deux premiers outils spécialisés, « Mon Assistant Pénal » et « Mon Assistant Civil », sont en cours de finalisation avec la cour d’appel de Paris et l’appui de la DINUM. Ils offriront aux magistrats et aux personnels de juridiction des capacités ciblées de synthèse et de rédaction, directement alignées sur les réalités du terrain. Cette stratégie ne s’arrête pas là : d’autres usages viendront progressivement compléter la feuille de route, construite à partir des besoins exprimés par les agents eux‑mêmes, afin d’ancrer l’IA au plus près des pratiques professionnelles.
Un observatoire de l’IA pour garantir un usage éthique et maîtrisé
Pour accompagner cette transformation dans la durée, un Observatoire de l’IA, instance indépendante placée auprès du garde des Sceaux, sera prochainement installé. Il aura pour mission d'assurer un suivi éthique des usages et de leur impact sur l’évolution des métiers, tout en conduisant une veille scientifique régulière sur les technologies émergentes.
