Dans un courrier daté du 16 avril 2026, Gérald Darmanin s’adresse à Julie Couturier pour relancer le dialogue avec la profession d’avocat autour du projet de loi Justice criminelle et respect des victimes.
Le 16 avril 2026, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a adressé un courrier officiel à Julie Couturier, présidente du Conseil national des barreaux, afin de relancer les échanges autour du projet de loi Justice criminelle et respect des victimes. Le texte, adopté au Sénat deux jours plus tôt, continue de susciter de fortes réserves au sein de la profession d’avocat. Dans sa lettre, le garde des Sceaux regrette de ne pas avoir reçu de réponse à sa précédente sollicitation du 6 avril, tout en affirmant que sa porte « demeure pleinement ouverte ». Il insiste sur l’urgence de réformer une justice criminelle qu’il juge « engorgée », estimant que le statu quo n’est plus tenable pour les victimes.
Le ministre met en avant plusieurs évolutions issues du débat sénatorial, qu’il présente comme des réponses directes aux préoccupations exprimées par les avocats. Il rappelle notamment que les parties civiles seront désormais obligatoirement assistées d’un avocat, que la solennité des audiences sera renforcée dans les procédures de reconnaissance préalable de culpabilité pour les crimes, et que certains délais procéduraux jugés trop stricts seront allongés. Il souligne également les avancées en matière d’aide juridictionnelle, tant pour la procédure de plaider-coupable que pour l’accompagnement des victimes de violences intrafamiliales, lesquelles pourront bénéficier de l’assistance d’un avocat dès le dépôt de plainte. Selon lui, cette dernière mesure était attendue depuis près de vingt ans par la profession.
Pour Gérald Darmanin, ces évolutions démontrent que le dialogue avec les avocats est non seulement possible mais fructueux lorsqu’il est engagé de manière constructive. Il réitère ainsi son invitation au CNB afin d’examiner point par point les attentes de la profession.
Arnaud Dumourier
