Dans LEX INSIDE sur B SMART 4 Change, le bâtonnier de Paris Louis Degos revient sur les premiers mois d’un mandat qu’il veut résolument tourné vers l’indépendance et la protection des avocats. De la souveraineté numérique à l’accueil des confrères les plus vulnérables, en passant par la mobilisation contre la réforme de la justice criminelle, il défend une profession plus forte, plus visible et pleinement actrice de la cité.
Dès les premières secondes de son entretien dans LEX INSIDE, Louis Degos pose le cap : « remettre l’avocat au milieu de la cité ». Une méthode plus qu’une mesure, affirme-t-il, qui s’est traduite par deux actions emblématiques : l’assemblée générale du 14 janvier, destinée à réaffirmer le rôle de vigie démocratique de l’avocat, et la mise à disposition gratuite du logiciel de gestion TISIA, coconstruit avec une plateforme agréée de facturation électronique. Deux initiatives opposées en apparence, mais unies par une même ambition : renforcer l’exercice professionnel.
L’accueil des avocats constitue un autre pilier de son début de mandat. Une vaste consultation – près de 2 000 réponses – révèle un accueil jugé globalement satisfaisant, mais perfectible pour les confrères en situation de vulnérabilité. Santé mentale, difficultés économiques, accès à l’information : le bâtonnier insiste sur le rôle des services dédiés et des MCO référents, véritables relais pour orienter rapidement les avocats.
Sur le terrain numérique, Louis Degos revendique une stratégie claire : la souveraineté. Votée un mois avant l’affaire du « kill switch » ayant touché plusieurs prestataires, cette feuille de route entend garantir indépendance, confidentialité et fiabilité des outils utilisés par les avocats parisiens. Une vision déjà saluée à l’international, notamment lors de ses échanges à l’IBA.
La mobilisation contre le projet de loi sur la justice criminelle constitue un autre temps fort. Le bâtonnier salue une victoire collective, portée par les avocats mais aussi par la société civile. Pour lui, le retrait du « plaider-coupable criminel » ne suffit pas : il appelle désormais à une « loi intégrale » sur la justice, traitant l’ensemble des enjeux, des moyens aux délais.
Enfin, évoquant l’affaire Lyhanna, Louis Degos refuse les lectures simplistes. Le problème n’est pas individuel, dit-il, mais structurel : un manque de moyens criant. Il plaide pour une mobilisation générale des professionnels du droit, allant jusqu’à proposer un service civil volontaire des avocats pour soutenir les juridictions.
