Invité de LEX INSIDE sur B SMART 4 Change, Benoît Santoire, président de la Chambre nationale des commissaires de justice, revient sur la fusion historique entre huissiers de justice et commissaires‑priseurs judiciaires, sur les enjeux économiques du recouvrement et sur la crise du logement. Il défend une profession modernisée, plus lisible, plus rapide et pleinement engagée dans une justice tournée vers l’amiable.
Une fusion pour plus de clarté et d’efficacité
Benoît Santoire rappelle que la fusion sera totalement effective le 1er juillet 2026, date à laquelle il n’existera plus qu’une seule profession, dotée d’une formation et d’une déontologie communes. Cette unification vise à offrir aux justiciables et aux entreprises une justice plus simple et plus lisible. Comme il le souligne, « on sait enfin clairement ce que fait un commissaire de justice », qu’il s’agisse du recouvrement, des constats, des inventaires ou de la signification des décisions.
Il insiste également sur la nécessité de dépasser les préjugés hérités de l’ancienne image de l’huissier. La profession doit désormais s’inscrire dans une justice moderne, orientée vers la médiation et la résolution amiable des conflits.
Le recouvrement des créances : un enjeu économique majeur
Avec 15 milliards d’euros d’impayés et 70 000 défaillances d’entreprises en 2025, le recouvrement des créances commerciales incontestées constitue un sujet prioritaire. La nouvelle procédure déjudiciarisée permet aux entreprises d’agir plus vite, sans passer par un juge, grâce à un commandement de payer ouvrant un délai d’un mois avant l’apposition éventuelle d’une formule exécutoire.
Pour Benoît Santoire, cette réforme est essentielle : « La crainte du juge ne doit plus être un frein pour les entrepreneurs ». Il salue un texte adopté à l’unanimité au Parlement, preuve d’un consensus rare.
Logement : agir plus tôt et désengorger les tribunaux
La profession est également confrontée à la crise du logement, un domaine où un quart des commissaires de justice interviennent comme administrateurs d’immeubles. Benoît Santoire propose d’agir plus tôt contre les garants, de rendre le bail loi 89 exécutoire après vérification par un officier public, et de créer une procédure déjudiciarisée pour le recouvrement des charges de copropriété.
Ces mesures permettraient de fluidifier le marché, d’accélérer les procédures et de réduire la pression sur les juridictions.
