Dans LEX INSIDE, Joëlle Montlouis, avocate et secrétaire générale de la Fédération française de football, analyse la montée en puissance des capteurs et de l’IA dans le sport de haut niveau.
Invitée de LEX INSIDE sur B SMART 4Change, Joëlle Montlouis, avocate fondatrice du cabinet Montlouis et secrétaire générale de la Fédération française de football (FFF), a évoqué la transformation profonde du sport de haut niveau sous l’effet des capteurs et de l’intelligence artificielle. Selon elle, la rupture est nette : « on est parti d’un système d’analyse a posteriori à un système où la data devient vraiment un outil décisionnel ». Les données physiologiques permettent désormais d’ajuster instantanément la charge d’entraînement, de prévenir une blessure ou d’optimiser une stratégie de compétition.
Cette évolution place les acteurs du sport face à un cadre juridique particulièrement exigeant. Les informations collectées relèvent du régime des données sensibles du RGPD, car elles touchent directement à la santé et à l’intégrité physique des athlètes. Leur circulation entre clubs, staffs, fédérations et prestataires technologiques multiplie les risques de détournement de finalité. Joëlle Montlouis souligne notamment le danger d’une utilisation médicale influençant une sélection ou un transfert, un usage qu’elle qualifie d’« illégal ». Elle rappelle également que l’athlète peut se retrouver « dépossédé » de ses propres données, faute de pouvoir réellement en négocier l’usage.
Pour l’avocate, le droit peine à suivre l’explosion des usages et l’arrivée de l’IA. Elle appelle à une véritable gouvernance des données sportives, fondée sur la clarification des responsabilités, un consentement réellement éclairé et un encadrement spécifique de l’intelligence artificielle. L’enjeu est de concilier innovation et protection, afin que la performance ne se construise jamais au détriment des droits fondamentaux des athlètes.
