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Intelligence artificielle : quels changements et usages concrets pour le notariat ?

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Le 17 octobre dernier se tenait la troisième édition du Forum Technologies et Notariat (TechNot) organisée conjointement par la Chambre des Notaires de Paris et Paris Notaires Services. L’objectif : confronter la profession notariale à la transformation numérique, à ses enjeux, ses risques et surtout ses opportunités. Pour ce faire, TechNot a réuni plus de 40 exposants, plusieurs dizaines d’orateurs pertinents sur les questions technologiques et a choisi de se concentrer notamment la problématique de l’intelligence artificielle (IA).

L’avenir de l’IA et de la profession notariale : la prospective de Laurent Alexandre

Laurent Alexandre, chirurgien, serial entrepreneur (fondateur, notamment, de doctissimo.fr) et essayiste est intervenu au forum TechNot afin de faire part à la profession de sa prospective de spécialiste de l’IA. Voici ces conclusions.

Le métier va se heurter à plusieurs problématiques inhérentes à l’IA :
Le réel va devenir « phygital », à la fois physique et digital, et la falsification sera monnaie courante ce qui imposera de nouvelles contraintes de sécurité aux notaires.  
Après le capitalisme marchand et le capitalisme industriel se dessine une nouvelle économie : le capitalisme cognitif ou capitalisme de la connaissance. La question que doit se poser la profession est donc : qui sera, demain, le maître de la valeur économique ?
L’obésité informationnelle est l’un des grands enjeux de l’avenir : en 2025, chaque terrien va générer 100 giga-octets de données par jour. Le traitement de ces données ne peut être effectué que par des IA. D’où l’importance pour le notariat de s’entourer des talents du numérique et d’où la problématique, également, de la prédation des cadres par les géants de l’IA tels que les GAFAM ou les BATIX proposant des salaires à cinq 0 parfois. Enfin, il est compliqué d’amortir l’IA, coûteuse, à l’échelle d’un pays. Or, le notariat est une profession régie nationalement. Il va donc falloir trouver des solutions pour lever des capitaux face au danger que représentent les acteurs internationaux et planifier des relations avec les GAFAM et les BATIX à l’échelle professionnelle. La régulation nationale du métier de notaire est un vrai challenge face à la régulation internationale de l’IA.

Mais pas d’inquiétude, rassure Laurent Alexandre. Le notaire ne risque pas de se faire dévorer par l’IA, mauvaise pour les analyses transversales. Selon le spécialiste, deux royaumes intellectuels coexistent et s’opposent point par point. Celui de l’IA qui n’a nul besoin d’empathie, constitué de beaucoup de datas, des règles fixes, de données en silo, et celui du l’humain, du notaire. L’essayiste n’est pas soucieux pour la profession qui crée d’ores et déjà un écosystème de partenaires. Les notaires s’adaptent et se transforment à la bonne vitesse et de manière stratégique, en « meute ».

La profession notariale en chantier

Stéphane Adler, vice-président de la Chambre des Notaires de Paris en charge des nouvelles technologies, Jacques Binard, directeur des systèmes d’information, Christian Revelli, directeur du numérique et des systèmes d’information du Conseil Supérieur du Notariat et Alexandre Grux, président et co-fondateur d’Hyperlex se sont exprimés ensuite lors d’une table ronde au sujet des projets en cours et en prévision dans la profession notariale en rapport avec l’IA.

L’IA n’est clairement pas un risque pour les professionnels. Elle est envisagée comme un apport de valeur ajoutée, notamment en termes de gain de temps, et se comporte comme une assistance automatique. Sur ces chantiers, les notaires travaillent main dans la main avec Hyperlex, une start-up spécialisée dans le domaine. Une première expérimentation s’est soldée par une réussite : un algorithme a trié les fichiers de révision foncière en un temps record (4 mois pour 25 années homme). L’outil, en ligne, apporte des informations fiables.
Toujours sur l’Espace Notarial, un projet de datas rooms électroniques est en cours d’accomplissement. La difficulté réside dans la spécialisation de l’IA dans le domaine du notariat et dans sa compréhension du langage, « de la récurrence des mots ». Pour ce faire, il faut créer la base de données en attribuant des labels consommables par l’IA pour qu’elle puisse apprendre, explique Alexandre Grux.

L’IA ne sera pas mise à profit uniquement sur l’Espace Notarial. Un dernier projet consiste à proposer une expertise en ligne dans le domaine de l’immobilier en nourrissant les paramètres avec de nouveaux critères (comme le niveau d’ensoleillement). Le chantier, en recherche et en développement avec PriceHubble, devrait être fini courant 2020.

Alice Magar