La 5ème édition du baromètre des legaltech vient confirmer la dynamique du secteur

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A l'occasion du Paris Legal Makers, la 5ème édition du Baromètre des legaltech françaises, réalisée par Maddyness et Wolters Kluwer avec le soutien de la Banque des territoires, a été dévoilée. L'étude montre un secteur très dynamique avec un record historique des levées de fonds et des recrutements à venir dans les prochaines semaines.

legaltech leveesfondsAprès une année 2020 difficile, les legaltech ont relevé la tête en 2021. En effet, la 5ème édition du Baromètre des legaltech françaises met en exergue la hausse des levées de fonds avec 57,8 millions d’euros levés, en hausse de 11% par rapport à 2019, dans un marché où les capitaux sont plus facilement accessibles (56% des start-up déclarent ainsi accéder sans difficulté à des financements). Une majorité des legaltech ont désormais levé des fonds (52%). En outre, la part des entreprises qui ont déjà réalisé au moins deux tours de table a beaucoup augmenté : une legaltech sur
cinq a passé ce cap (soit une augmentation de 20% par rapport à l'an dernier).

Autre signe du dynamisme du secteur : la part des legaltech qui génèrent désormais un chiffre d’affaires significatif explose. +183%, c’est la hausse des entreprises déclarant un chiffre d’affaires compris entre 10 et 30 millions d’euros tandis qu’en parallèle le nombre d'entreprises générant entre 5 et 30 millions d'euros de chiffre d'affaires a doublé. Autre excellent indicateur, 27% d’entre elles déclarent une croissance supérieure à 100%.

Cependant, ces chiffres sont à nuancer. Si l'on considère la part des legaltech dans les montants totaux levés par des start-up, on constate à quel point le secteur est encore anecdotique, malgré sa dimension stratégique : avec 0,7% du total des fonds levés par des startup en 2021.

Hausse des créations de legaltech

Par ailleurs, les créations de legaltech sont reparties à la hausse : avec 7,9% des entreprises créées cette année, le "cru 2021 " représente un bond de 119% par rapport à l'année dernière, même si nous sommes encore loin des niveaux enregistrés lors des années les plus fastes, dont le pic s'est situé en 2019.

En ce qui concerne les secteurs d'activité des start-up du droit, les services de digitalisation des processus métiers constituent toujours la majorité des legaltech (42%) loin devant les autres services : mise en relation (9 %), création et gestion d'entreprise (9 %), création d'actes (9%), protection et gestion des données (8%)...

secteurs activite legaltechUn secteur qui recrute

Les legaltech emploient de plus en plus de salariés. La part des entreprises employant de 1 à 5 salariés a légèrement augmenté (+2%, à 37,1%) et si celle des entreprises de 11 à 50 salariés a flanché (-11%), c'est parce que celle des entreprises de plus de 50 salariés a explosé (+133%, à 11,2%). Cela atteste également du fait que les entreprises qui disaient vouloir recruter l'année dernière ont concrétisé leurs promesses. Et elles sont encore plus nombreuses cette année à vouloir embaucher : 86% prévoient de recruter sous 3 mois contre 77% l'année dernière. Néanmoins, le secteur peine à voir émerger une génération de scaleups comptant plusieurs centaines de salariés, à l'instar d'autres secteurs (Fintech, Martech...)

clients legaltech2021 signe également le retour en grâce des solutions dédiées aux particuliers. Alors qu'elles enregistraient depuis deux ans un recul majeur (de 42,6% des offres en 2018 à 9,6% en 2020), leur part a plus que triplé pour atteindre près du tiers des services proposés (32,6%). Mais cela ne doit pas faire oublier que les entreprises restent la cible privilégiée des legaltech : 82% d'entre elles présentent une offre qui leur est destinée et 58% s'adressent exclusivement aux entreprises, avec un intérêt tout particulier pour les TPE/PME (83% des legaltech s'adressant aux entreprises ont une offre pour les TPE/PME).

La tendance majeure cette année est la réorientation des solutions legaltech vers les professionnels du droit. Les avocats, les notaires et les huissiers ont tous vu leur proportion augmenter fortement parmi les clients des legaltech (+148% pour les avocats, +275% pour les notaires et +604% pour les huissiers).

Vers une consolidation du marché

Plus d’un tiers (37%) des entreprises indiquent avoir déjà reçu une offre de rachat alors que dans le même temps, 57% des fondateurs de legaltech ne souhaitent pas céder leur entreprise.
La tendance reste à la consolidation du marché comme le témoignent les récentes acquisitions de pépites du marché telles qu'easyQuorum par Wolters Kluwer ou encore Closd par LexisNexis.

Arnaud Dumourier (@adumourier)

L'annuaire du Monde du Droit