Invitée de l’émission LEX INSIDE du 17 mars sur B SMART 4Change, Vanessa Perrée, Procureure de la République anticriminalité organisée, est revenue sur les ambitions et les méthodes du tout nouveau Parquet national anticriminalité organisée (PNACO), créé pour traiter les formes les plus graves de criminalité structurée. Une architecture pensée pour intervenir sur le territoire.
Créé le 5 janvier 2026, le PNACO s’inscrit dans la lignée du Parquet national financier et du Parquet national antiterroriste : un parquet national spécialisé, conçu pour traiter les dossiers les plus lourds et les plus complexes de la criminalité organisée. Trafics internationaux de stupéfiants, blanchiment massif, proxénétisme structuré, filières d’immigration clandestine : autant de phénomènes qui dépassent les frontières régionales et nécessitent une coordination d’ensemble.
Vanessa Perrée insiste sur cette logique de centralisation : les juridictions interrégionales spécialisées saisissent le PNACO dès lors qu’un dossier dépasse leur périmètre ou présente des ramifications internationales. Le parquet peut alors se saisir, se cosaisir ou coordonner les investigations. « L’objectif, c’est de lutter contre cette très grande forme de criminalité organisée et de démanteler les réseaux », rappelle la Procureure.
Pour y parvenir, le PNACO s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire inédite : magistrats, greffiers, policiers, gendarmes, douaniers, ingénieurs spécialisés, inspecteurs des finances publiques. Une composition pensée pour couvrir l’ensemble du spectre opérationnel, du renseignement financier à la coopération internationale, en passant par l’analyse technique et la traçabilité numérique.
L’un des marqueurs forts du parquet est d’ailleurs son approche patrimoniale. Chaque dossier est systématiquement examiné sous l’angle des flux financiers, afin d’identifier, saisir puis confisquer les avoirs criminels. « On travaille vraiment beaucoup sur ces flux financiers pour être sûr qu’on va aussi taper sur le patrimoine », explique Vanessa Perrée. Une stratégie assumée : priver les organisations criminelles de leurs ressources pour les empêcher de se reconstituer.
Enfin, le PNACO s’appuie sur un réseau de magistrats de liaison dans une trentaine de pays, indispensable pour obtenir saisies, perquisitions ou informations bancaires à l’étranger. Une dimension internationale devenue incontournable face à des réseaux dont les opérations s’étendent de la Colombie à la Belgique, en passant par les Antilles et les grandes métropoles françaises.
