La deuxième édition de la cartographie AFJE – CLM, réalisée avec BearingPoint et soutenue par DiliTrust, Gino LegalTech et Legal Suite by Septeo, confirme en 2026 un marché encore fragmenté, où les directions juridiques avancent à des vitesses très différentes dans la digitalisation du cycle de vie contractuel.
Un taux d’équipement qui stagne, mais une intention de déploiement en hausse
Près d’une direction juridique sur deux n’est toujours pas dotée d’une solution de Contract Lifecycle Management (49 %, contre 50 % en 2024). Pourtant, la dynamique progresse : 43 % envisagent désormais un déploiement, signe d’une prise de conscience accrue du rôle stratégique du CLM.
Les marges de progression restent importantes : – 58 % des répondants n’ont pas encore de feuille de route de digitalisation ou sont en train de la définir ; – 56 % ne disposent d’aucun indicateur pour piloter leur activité contractuelle.
Lorsque la feuille de route existe, les priorités sont claires : efficacité opérationnelle, sécurisation de l’activité juridique, puis collaboration renforcée avec les clients internes.
Trois niveaux de maturité qui structurent le marché
L’étude distingue trois profils de directions juridiques : – Initial (41 %) : pratiques artisanales, faible homogénéité, digitalisation embryonnaire ; – Intermédiaire (52 %) : structuration progressive, premiers indicateurs, ouverture à la collaboration ; – Mature (7 %) : pilotage avancé, exploitation de la donnée, rôle stratégique affirmé.
Sans surprise, la satisfaction des utilisateurs de CLM progresse avec la maturité, même si elle reste encore peu mesurée.
« Le CLM n’est pas un simple outil technique, c’est un projet d’entreprise de transformation globale qui représente un véritable levier de leadership et de performance pour les directions juridiques », estiment Sophie Vieilledent et Marina Soyer, respectivement coresponsable et membre de la commission Legal ops et innovation de l’AFJE.
L’IA s’impose comme levier de différenciation
Les éditeurs convergent vers un socle fonctionnel commun, mais l’IA devient le terrain de différenciation majeur. En un an, son intégration s’est nettement accélérée :
– 92 % assistent désormais les recherches dans les contrats (contre 62 % en 2024) ; – 92 % proposent des suggestions de markup et de commentaires ; – 92 % offrent des synthèses automatiques ; – 75 % assistent la rédaction ; – 83 % intègrent un chatbot.
Autre évolution notable : le recul des modèles propriétaires (de 67 % à 44 %) au profit de briques IA externes spécialisées (56 %).
Pour Philippe Mannent, head of legal transformation chez BearingPoint, « le CLM devient le nouvel ERP du juridique », la valeur reposant désormais sur la capacité des organisations à exploiter la donnée contractuelle comme un actif stratégique.
