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Marie-Aimée Peyron veut un Ordre « impliqué, novateur et participatif »

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A l'occasion de la cérémonie du passage du bâton, Marie-Aimée Peyron, 220ème bâtonnier de Paris, a évoqué les différents axes de son bâtonnat.

Frédéric Sicard, bâtonnier de Paris sortant, a transmis, selon la tradition, le bâton à Marie-Aimée Peyon qui est devenue le 220ème bâtonnier de Paris mais seulement la troisième femme à accéder à cette fonction après Dominique de La Garanderie (1998-1999) et Christiane Féral-Schuhl (2012-2013).

Dans son discours d'investiture, Marie-Aimée Peyron a salué l'action de son prédécesseur qui a défendu la profession sur le « secret professionnel, l'indépendance et l'accès au droit » et « a redonné espoir en l'Europe ».

Un nouveau souffle

« Le droit est partout, les avocats doivent être partout. C'est à nous tous qu'il incombe de réformer en profondeur une profession et un ordre qui doivent affronter des intempéries. Nous voulons insuffler un souffle nouveau », a affirmé Marie-Aimée Peyron.

Pour cela, elle souhaite moderniser l'Ordre des avocats parisiens qui doit être « connecté au service des autres » et non pas réservé à « l'entre-soi ».
Cela passe également par une plus grande transparence et de nouvelles règles notamment sur les élections mais aussi sur le train de vie de l'Ordre. Le budget de l'Ordre va ainsi être réduit de 10 % hors les nouvelles charges liées au déménagement vers le nouveau palais.
Le nouveau bâtonnier veut aussi « renforcer le dialogue avec l'ensemble des avocats en venant à la rencontre des avocats » et faire de l'Ordre « un ordre exemplaire » en luttant contre les harcèlements et discriminations. De même, « les règles et conditions de la collaboration libérale des jeunes avocats doivent être assainies et respectées ».

Refonte de l'enseignement à l'EFB 

Marie-Aimée Peyron a égalemment annoncé une « refonte totale de l'enseignement à l'EFB » dont le directeur sera Pierre Berlioz, professeur de droit et dont la prochaine promotion aura pour parrain Jean-Michel Darrois. « Les enseignements doivent être ancrés dans la vie économique [des] clients et [des] cabinets ». 

Virage du numérique

Par ailleurs, afin de prendre le virage du numérique,  elle prévoit de « mettre à l’EFB à la disposition de l’Incubateur du Barreau de Paris un espace connecté afin qu’ils deviennent, avec le LAB EFB  des forces de propositions ».
En ce qui concerne les legaltech, « nous ne saurions accepter que les legaltech prennent l’avantage. Il y va de notre pérennité, mais aussi et surtout de l’intérêt même des justiciables susceptibles d’être abusés », a t-elle lancé.
Par conséquent, il faut « aider les cabinets à mettre des outils et des plateformes connectés au justiciable afin de pouvoir répondre à leur demande ».

Union de la profession et rapprochement avec d'autres professions 

La bâtonnière de Paris a affiché la volonté d'être force de propositions sur les projets de textes : par exemple sur la force exécutoire de l'acte d'avocat ou encore les chantiers de la justice. Cette réflexion sera conduite par l'« Atelier du barreau de Paris » qui réunira professeurs de droit, experts et membres du Conseil de l'Ordre.   
Rappelant son attachement au Conseil National des Barreaux (CNB), elle a évoqué la nécessité de parler d’une « seule et même voix »« Comment être crédibles et efficaces dans l’éparpillement et la dissonance ? », s'est-elle interrogée.
Enfin, elle a estimé qu'« à l’ère de la mondialisation, il serait pour le moins contre-productif de ne pas nous rapprocher d’autres professions » afin de mutualiser les savoir-faire des avocats. Elle a conclu en se prononçant en faveur d'un « ordre impliqué, novateur et participatif ».

Arnaud Dumourier (@adumourier)