Hydrogène décarboné : le développement précoce de modèles économiques viables est essentiel pour capitaliser sur son potentiel, conclut un rapport de Linklaters

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En l'absence d’alternatives viables pour atteindre les hauts niveaux de décarbonisation alignés avec les objectifs de neutralité carbone, l'hydrogène décarboné constitue une solution potentielle et bénéficie d'une dynamique politique et industrielle sans précédent. Le nouveau rapport de Linklaters, intitulé ‘Getting Hy? - Ambition and the art of the possible in the search for a hydrogen economy link’, explore l’engouement que suscite l’hydrogène décarboné aujourd’hui ; les aspects politiques ; des cas d’usage dans différents pays ; ce à quoi les modèles économiques pourraient ressembler ; ainsi que les changements légaux nécessaires à l’intégration de l’hydrogène dans notre quotidien.

  • L'hydrogène décarboné pourrait contribuer à la décarbonisation de secteurs difficiles à électrifier tels que l'industrie, le chauffage, le ferroviaire, le transport maritime et l'aviation.
  • Il pourrait être difficile d'atteindre les objectifs de neutralité carbone "Zéro Émissions Nettes" sans que l'hydrogène ne joue ce rôle.
  • Certaines économies pionnières en la matière pourraient développer une expertise qui conduirait à la création d'emplois et à des exportations profitables.
  • Mais le déploiement à grande échelle nécessitera des interventions gouvernementales complexes, pour générer des investissements et un soutien coordonnés entre les producteurs, les transporteurs et les utilisateurs finaux.

L’évolution des politiques autour de l'hydrogène décarboné

Une stratégie nationale de 7 milliards d’euros pour le développement de l’hydrogène décarboné a été dévoilée le 10 septembre dernier par le gouvernement français, avec comme priorités : décarboniser l’industrie en faisant émerger une filière française de l’électrolyse ; développer une mobilité lourde à l’hydrogène décarboné ; et soutenir la recherche, l’innovation, et le développement de compétences afin de favoriser les usages de demain.

On a récemment assisté à une vague d'annonces sur le potentiel de l'hydrogène décarboné en vue de propulser la transition énergétique mondiale. En plus des projets annoncés par la France, rien qu'en Europe, les plans stratégiques en matière d'hydrogène ont essaimé au cours des derniers mois, en provenance de l'Espagne, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, du Portugal, des Pays-Bas et de la Commission européenne.

« La perspective d’une économie renouvelable et de l'hydrogène fait rêver pour l’avenir. Les gouvernements sont conscients du fait que l'hydrogène peut agir comme un catalyseur dans la modernisation des centres industriels, ainsi que de l'avantage potentiel à être le premier à développer un savoir-faire et une technologie à forte valeur d’export. Pourtant ils devront trouver un équilibre entre les avantages potentiels à être parmi les premiers, et l'intérêt de laisser les autres financer la phase la plus coûteuse du développement technologique » indique Stephen Le Vesconte, associé en Énergie et infrastructures à Linklaters Paris.

Les incitations pour les gouvernements et les entreprises

Politiquement, les gouvernements ne peuvent pas ignorer les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris, et il pourrait être difficile de les mettre en œuvre sans hydrogène. Une solution "énergies renouvelables + hydrogène décarboné" a le potentiel de reproduire, dans un monde de la neutralité carbone, tous les avantages dont nous bénéficions aujourd’hui grâce aux hydrocarbures. Outre les gaz à effet de serre, la production et l'utilisation d'hydrogène décarboné peuvent également améliorer la qualité de l'air (notamment en ce qui concerne les particules), et donc les impacts sur la santé dans certains pays.

La création d'une économie mondiale de l'hydrogène cohésive sera à la fois le résultat et le moteur d'une stratégie géopolitique et industrielle, qui variera d'un pays à l'autre. Le rapport souligne les mesures prises par l'Australie, la Belgique, la Commission européenne, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Portugal, l'Espagne et le Royaume-Uni.

« Il ne fait aucun doute que le déploiement de l'hydrogène décarboné à grande échelle nécessitera des interventions gouvernementales conséquentes. Celles-ci prendront sans doute leur inspiration – au moins dans un premier temps - dans les programmes développés au cours des dernières décennies en matière d’énergies renouvelables entre autres, mais devront faire face à une complexité plus importante en matière d’hydrogène compte tenu du besoin de développer à la fois la capacité de production et la demande, et ceci dans de multiples et divers cas d’usage. Des modèles économiques devront être développés pour garantir que les projets d'approvisionnement et de transport soient coordonnés de manière appropriée, et que leurs investisseurs bénéficient d'incitations et de protections suffisantes, en plus d’un soutien sur les prix, pour les inciter à prendre un risque sur leur capital ».* conclut Stephen Le Vesconte.

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