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Jeudi 23 mars 2017

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"Nous souhaitons réunir la communauté de l’arbitrage international celle qui est établie à Paris et nos amis européens"

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Marie Danis et Yasmin MohammadAssociée au cabinet August Debouzy, Marie Danis, membre du conseil d’administration de Paris, Place d’Arbitrage est à l’origine de la création de Paris Arbitration Week, aux côtés notamment de Yasmin Mohammad (Vannin Capital). Elles reviennent toutes les deux sur l'origine de cet événement et nous en présentent les enjeux.

Pourquoi avez-vous décidé de créer Paris Arbitration Week (PAW) ?

MD : La formule des arbitration weeks (semaine de l’arbitrage) qui consiste à réunir des professionnels de l’arbitrage d’une zone géographique (par exemple à Séoul ou New York) autour de conférences, petits-déjeuners débats mais aussi d’un programme social, fonctionne bien. La diversité des participants, pour certains organisateurs d’événements au sein de la même semaine de l’arbitrage, créée une grande richesse. Nous avons participé ensemble à celle de Hong Kong et nous nous sommes dit : « quelle réussite de fédérer autant d’acteurs, parfois concurrents, pour consolider la communauté de l’arbitrage international et la faire grandir ». Notre question a vite été : « est-ce que cela fonctionnerait à Paris ? ».

YM : Nous avons très vite réussi à fédérer les énergies autour de deux acteurs majeurs : « Paris, Place d’Arbitrage » (Paris, Place), association qui regroupe une grande partie de la communauté de l’arbitrage international à Paris, et la CCI. Paris, Place, et en particulier, son Président Elie Kleiman et son secrétaire général, Peter Rosher, ont été moteurs pour le projet. J’ai également pensé à demander à José R. Féris de la CCI de nous accompagner. C’est une institution d’arbitrage international majeure, son implication était clef pour le succès de la Paris Arbitration Week. Une petite équipe a été constituée autour des membres du conseil d’administration de Paris, Place : aux côtés de Peter Rosher, Caroline Duclercq, Claire Pauly et Vanessa Thieffry ont été à la manœuvre pour la conception du site. Le Comité Français d’Arbitrage avec Laurent Jaeger et Clément Fouchard ont rejoint l’aventure.

Quels sont les enjeux de cette PAW ?

Nous souhaitons réunir la communauté de l’arbitrage international, celle qui est établie à Paris et nos amis européens. Nous avons déjà reçu des messages de confrères étrangers notamment anglais, espagnols, suisses et allemands qui seront à Paris en avril pour la Paris Arbitration Week ! Si nous attendons des institutions d’arbitrage déjà organisatrices d’événements ou qui y participent, Paris Arbitration Week s’adresse aussi aux entreprises utilisatrices de l’arbitrage, aux prestataires que sont les LegalTech, ou aux cabinets d’experts, par exemple.

C’est également l’occasion des créer des événements avec des Universités françaises qui proposent des formations dédiées à l’arbitrage international (la Sorbonne, Science Po mais aussi le Master de Paris Saclay participent), d’inviter les magistrats.

Nous souhaitons provoquer un débat sur le futur de l’arbitrage, ses évolutions juridiques, déontologiques, son marché. Comment encore travailler pour d’une part adapter l’offre à la demande des utilisateurs traditionnels de l’arbitrage ; d’autre part, les nouveaux utilisateurs attirés par les évolutions législatives récentes et les procédures plus compétitives proposées par les institutions d’arbitrage ?

Quels en seront les temps forts de la PAW ?

Nous avons déjà un joli programme scientifique : la première conférence Européenne de la CCI sur l’arbitrage international aura lieu le lundi 24 avril 2017 ; puis mardi 25 avril  une conférence à Science Po avec les Universités de la Sorbonne et de Singapour sur le rôle des institutions d’arbitrage. Le mercredi 25 avril, se tiendra la Global Pound Conference (GPC), organisée par Diana Paraguacuto, qui s’attachera à un travail prospectif pour définir les futurs modes de résolution des litiges. Le jeudi 27 avril, les questions liées au financement de l’arbitrage seront à l’honneur avec, le matin, une réflexion sur les aspects déontologiques au Palais de Justice et l’après-midi, à la Sorbonne, un échange entre universitaires, praticiens et un panel de trois représentants des entreprises utilisatrices de l’arbitrage international. Quant au programme social, il y a le lundi 24 avril un cocktail d’ouverture de Paris Arbitration Week mais aussi presque tous les jours des petits déjeuners (au cabinet Shearman & Sterling sur la convention de New York, mais aussi organisé par Arbitral Women ou Wake-Up-Arbitration) et des cocktails le soir. Tout cela est sur le site : www.parisarbitrationweek.com !

Propos recueillis par Arnaud Dumourier (@adumourier)